Environ 120 personnes (dont des enfants) se sont réunies près du canal de Bourgogne à La Bussière-sur-Ouche samedi 6 juin pour un rassemblement pacifique contre le projet de parc éolien des « Grands Communaux », prévu dans les forêts communales d’Antheuil et de Saint-Jean-de-Bœuf.

Le projet, porté par CEPE Grands Communaux, filiale de Q Energy France, implique le défrichement de dix hectares de forêt pour l’installation de treize éoliennes pouvant atteindre 180 mètres de hauteur. Le site se trouve dans la zone Natura 2000 « Arrière-Côte de Dijon et de Beaune », reconnue pour ses populations d’oiseaux et de chauves-souris. Il représente également un risque pour le Vignoble de Bourgogne, site classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, même si les éoliennes ne sont pas visibles depuis le site cœur UNESCO.

Les intervenants au rassemblement ont précisé que cette manifestation ne constituait pas un rejet des énergies renouvelables sur le principe. « Nous sommes favorables aux énergies renouvelables, favorables à l’efficacité et à la sobriété énergétique. La perte de biodiversité et le dérèglement climatique sont indissociables. La biodiversité n’est pas une variable d’ajustement – c’est pourquoi, pour la première fois, nous nous positionnons contre un projet éolien », a déclaré Danielle Xénard, habitante de l’Étang-Vergy et membre des Amis de la Terre.

Le site abrite plusieurs espèces à enjeu de conservation, dont le Circaète Jean-le-Blanc, avec trois à quatre couples nicheurs connus, représentant environ 10 % de la population régionale, mais aussi la Chouette de Tengmalm, la Chevêchette d’Europe, la Bondrée apivore ou le Faucon pèlerin.

S’exprimant exclusivement auprès de La Plus Belle Vallée, Claude Juillard, naturaliste, sentinelle de la nature et bénévole de la LPO, a exprimé qu’il n’y a pas de mesures de compensation possibles pour la perte de biodiversité, c’est trop technique pour une sensibilité qui nous est impalpable, ajoutant : « Vous avez lu la lettre La Forêt vous écrit ? », tout en citant l’exemple d’un parc éolien dans l’Hérault arrêté suite à la mort d’un aigle royal.

Il a souligné que cette approche purement technocratique ignore la réalité d’animaux reconnus par la loi comme des êtres sensibles, capables de souffrir et de ressentir le stress. « En implantant un projet industriel de cette envergure au cœur d’un écosystème complexe, nous transformons une forêt ancienne en une sorte de « prison électronique » hautement surveillée. Des caméras et des radars s’activent à l’aube pour tenter de réguler les mouvements de la faune sauvage. Loin de s’adapter à cette intrusion constante, de nombreuses créatures finissent par fuir, chassées de paysages visuels et acoustiques uniques qu’elles considéraient comme leur habitat depuis des générations, tandis que celles qui restent subissent un stress physiologique chronique. » dit Claude

« De surcroît, le véritable bilan de cette dégradation restera à jamais invisible dans les données officielles. Alors que les rapports de suivi affirmeront avec assurance qu’aucune mortalité significative n’est détectée sur les plateformes dégagées au pied des éoliennes, le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) a explicitement alerté sur les failles structurelles de ces contrôles. En milieu forestier dense, les cadavres des oiseaux et des chauves-souris percutés sont projetés bien au-delà des zones inspectées, dans la végétation épaisse du sous-bois. Là, comme le démontre la recherche, ils sont immédiatement consommés par les prédateurs ou absorbés par la terre. Le système est configuré pour inspecter un espace propre qui ne contient pas les preuves recherchées, masquant le coût réel de ces 54,6 mégawatts. » a-t-il ajouté.

Les associations engagées dans la campagne appellent la nouvelle préfète de Côte-d’Or, Violaine Démaret, à se pourvoir devant le Conseil d’État contre l’arrêt de la cour de Lyon. Une pétition s’opposant au projet a dépassé les 11 000 signatures.